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Commercial

Sous-traitance ou prestation de services : la différence

Contrat direct, sous-traitance ou mise à disposition : comment qualifier une mission de nettoyage, et éviter le prêt de main-d’œuvre illicite et le marchandage.

Rédigé par Olivier Lerendu · Mis à jour le

Réponse courte

En prestation de services, votre entreprise contracte directement avec le client et s’engage sur un résultat. En sous-traitance, elle exécute tout ou partie d’un contrat qu’une autre entreprise a conclu avec son client, sous la responsabilité de celle-ci. Dans les deux cas, vos agents restent sous votre autorité et vous vendez une prestation, pas des heures : si le client ou le donneur d’ordre dirige vos agents et paie du temps sans savoir-faire propre, l’opération risque d’être requalifiée en prêt de main-d’œuvre illicite.

À retenir

  • Prestation directe : un contrat avec le client final. Sous-traitance : un contrat avec une entreprise qui a elle-même un client.
  • La sous-traitance relève de la loi du 31 décembre 1975 : acceptation par le client final, garantie de paiement.
  • Le prêt de main-d’œuvre à but lucratif est interdit hors du travail temporaire.
  • Les signes protecteurs : un résultat défini, votre encadrement, votre matériel, un prix lié à la prestation.
  • Le contrat écrit décrit la prestation, jamais un volume d’heures « à disposition ».

Trois montages, trois relations

Prestation directeSous-traitanceMise à disposition
Contrat signé avecLe client finalL’entreprise titulaire du contratUne entreprise utilisatrice
Ce qui est venduUn résultat : surfaces, fréquences, qualitéUne partie du résultat promis au client finalDu temps de travail
Qui dirige les agentsVousVousL’entreprise utilisatrice
CadreContrat de prestationLoi du 31 décembre 1975Travail temporaire, ou prêt sans but lucratif
Risque principalImpayés, perte du marchéDépendance, paiement non garantiDélit si l’opération est lucrative hors intérim

Ce que la loi de 1975 impose en sous-traitance

La sous-traitance est l’opération par laquelle une entreprise confie, sous sa responsabilité, l’exécution de tout ou partie de son contrat à une autre entreprise. La loi du 31 décembre 1975 protège le sous-traitant : l’entreprise principale doit le faire accepter et faire agréer ses conditions de paiement par le client final, à la conclusion et pendant toute la durée du contrat.

En marché privé, elle doit aussi garantir le paiement du sous-traitant, par une caution ou par une délégation de paiement du client final. En marché public, le sous-traitant de premier rang accepté, dont les conditions de paiement sont agréées, est payé directement par l’acheteur dès que sa part atteint 600 € TTC.

Sans acceptation

Un sous-traitant qui n’a pas été accepté ne peut pas se retourner directement contre le client final si l’entreprise principale ne le paie pas. Faites-vous accepter par écrit avant de démarrer.

Le piège du prêt de main-d’œuvre

Le Code du travail interdit toute opération à but lucratif ayant pour objet exclusif le prêt de main-d’œuvre, en dehors du travail temporaire et des cadres autorisés. Il interdit aussi le marchandage : une fourniture de main-d’œuvre à but lucratif qui cause un préjudice au salarié ou élude la loi ou la convention collective.

Le risque existe en nettoyage quand une entreprise « place » des agents chez un donneur d’ordre qui les dirige au quotidien et paie des heures. Ce n’est pas le mot « sous-traitance » sur le contrat qui protège, c’est la réalité de la relation : qui donne les ordres, qui fournit le matériel, ce qui est facturé, et s’il existe un savoir-faire propre.

Deux colonnes : les signes d’une vraie prestation (résultat défini, agents sous l’autorité de l’entreprise, matériel propre, prix lié à la prestation, encadrement sur site) et ceux d’un prêt de main-d’œuvre déguisé (heures mises à disposition, agents dirigés par le client, matériel du client, facturation à l’heure sans savoir-faire propre, aucun encadrant).
Plus les signaux de droite s’accumulent, plus le risque de requalification est réel (Code du travail, articles L8241-1 et L8231-1). Voir en grand

Les signes d’une vraie prestation

  • Un cahier des charges qui définit les surfaces, les fréquences et le niveau de qualité attendu.
  • Un encadrant de votre entreprise, seul à donner les consignes à vos agents.
  • Votre matériel, vos produits, vos méthodes et vos contrôles qualité.
  • Un prix forfaitaire, ou des prix unitaires liés aux prestations, plutôt qu’un taux horaire par agent.
  • Vos plannings, vos remplacements, votre gestion des absences.

Les formules à bannir du contrat

« Mise à disposition de deux agents », « sous l’autorité du responsable du site », « facturation au temps passé » : elles décrivent un prêt de personnel, pas une prestation.

Choisir le bon montage

Pour un client qui veut des agents à ses ordres pendant une courte période, la bonne réponse est l’intérim, pas la sous-traitance. Pour un confrère qui vous confie un site, la sous-traitance est adaptée si vous en assumez l’organisation. Et dès que possible, préférez le contrat direct : vous gardez la relation client et la marge.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre sous-traitance et prestation de services ?
En prestation de services, vous contractez directement avec le client final. En sous-traitance, vous exécutez une partie d’un contrat qu’une autre entreprise a conclu avec son client, qui doit vous accepter. Dans les deux cas, vous restez maître de l’organisation de vos agents.
Peut-on facturer une sous-traitance de nettoyage à l’heure ?
La facturation horaire n’est pas interdite en soi, mais elle devient un indice de prêt de main-d’œuvre lorsqu’elle s’ajoute à d’autres : agents dirigés par le donneur d’ordre, absence de résultat défini, matériel du client. Un prix lié à la prestation est plus sûr.
Qu’est-ce que le délit de marchandage ?
Une opération à but lucratif de fourniture de main-d’œuvre qui cause un préjudice au salarié concerné ou élude l’application de la loi, d’un règlement ou d’une convention collective. C’est une infraction pénale, distincte du prêt de main-d’œuvre illicite.
Le client final doit-il accepter le sous-traitant ?
Oui : la loi du 31 décembre 1975 impose à l’entreprise principale de faire accepter chaque sous-traitant et agréer ses conditions de paiement par le client final. En marché public, cela passe par une déclaration de sous-traitance, le formulaire DC4.

Termes utiles

  • Sous-traitance

    Opération par laquelle une entreprise confie à une autre l'exécution d'une partie de la prestation dont elle reste responsable envers son client.

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