Prix de la sous-traitance en nettoyage : le calculer
Quel prix accepter ou proposer en sous-traitance de nettoyage : coût de revient, marge du donneur d’ordre, prix plancher, paiement direct et garanties.
Rédigé par Olivier Lerendu · Mis à jour le
Réponse courte
À retenir
- Calculez votre plancher avant de regarder le prix proposé.
- Les heures se déduisent des surfaces et des cadences, pas du volume annoncé par le donneur d’ordre.
- Négociez aussi les conditions : délai de paiement, révision annuelle, fournitures, préavis.
- En marché public, faites-vous déclarer : le paiement direct vous protège dès 600 € TTC.
- En marché privé, exigez la caution ou la délégation de paiement prévue par la loi de 1975.
D’où vient le prix
En sous-traitance, deux marges se partagent le prix payé par le client final : celle du donneur d’ordre, qui porte la relation commerciale, et la vôtre. Le donneur d’ordre propose souvent un prix calculé en retranchant sa marge du prix client. Ce calcul est le sien ; le vôtre part de vos coûts.
Dans l’exemple fictif ci-dessous, le client paie 30 € de l’heure. Le donneur d’ordre en garde 4,50 € et verse 25,50 € au sous-traitant, dont le coût de revient est de 23,40 € : il lui reste 2,10 € par heure, soit 8 % de son prix. Une hausse de 9 % de ses coûts suffit à faire disparaître cette marge.
Calculer votre prix plancher
Le calculateur de prix plancher assemble ces postes à partir des valeurs de référence de la convention collective. Une mission dont le prix proposé reste sous ce plancher ne se rattrape pas par le volume : chaque heure supplémentaire creuse la perte.
| Poste | Ce qu’il contient | Où le trouver |
|---|---|---|
| Coût horaire employeur | Salaire conventionnel, cotisations patronales, primes | Le calculateur de coût horaire employeur |
| Absences et remplacements | Congés, maladie, formation : heures payées non travaillées | Votre historique, sinon une hypothèse prudente |
| Encadrement | Temps de chef d’équipe ou d’inspecteur sur le site | Visites prévues × durée |
| Trajets | Temps et frais de déplacement entre sites, s’ils sont à votre charge | Votre planning réel |
| Produits et matériel | Consommables, machines (amortissement ou location), EPI | Vos achats rapportés aux heures |
| Frais de structure | Administration, assurances, comptabilité, logiciels | Vos comptes annuels rapportés aux heures vendues |
| Marge | Rémunération du risque et de l’investissement | Votre objectif, jamais nul |
Vérifier les heures
Le nombre d’heures annoncé par le donneur d’ordre peut être sous-estimé, parce qu’il a lui-même négocié serré avec son client. Recalculez-le à partir des surfaces, des fréquences et de cadences réalistes, et visitez le site. Dans l’exemple ci-dessus, 15 % d’heures en plus que prévu effacent toute la marge du sous-traitant.
Négocier plus que le prix
- Le délai de paiement : entre professionnels, il ne peut dépasser 60 jours après la date de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément.
- La révision annuelle du prix, indexée comme le contrat principal, pour suivre les hausses du minimum conventionnel.
- La fourniture des produits et du matériel : qui paie, qui stocke, qui remplace.
- Les prestations exceptionnelles, remise en état ou vitrerie : chiffrées à part, jamais absorbées.
- La durée et le préavis : une sous-traitance résiliable du jour au lendemain ne justifie pas d’embaucher.
Être payé : les protections de la loi
En marché public, le sous-traitant de premier rang accepté par l’acheteur, dont les conditions de paiement ont été agréées, est payé directement par l’acheteur pour sa part dès qu’elle atteint 600 € TTC. La déclaration se fait par le formulaire DC4, avec l’offre ou en cours d’exécution.
En marché privé, la loi du 31 décembre 1975 impose à l’entreprise principale de garantir vos paiements par une caution ou par une délégation de paiement du client final, à peine de nullité du contrat de sous-traitance. Réclamez-la avant de commencer : c’est la protection la plus efficace si le donneur d’ordre ne paie pas.
Questions fréquentes
- Quel prix pour une sous-traitance de nettoyage ?
- Au minimum votre prix plancher : coût horaire réel, absences, encadrement, trajets, produits, frais de structure et une marge, appliqués aux heures réellement nécessaires. Le prix que paie le client final ne dit rien de vos coûts.
- Quelle marge garde le donneur d’ordre ?
- Aucun texte ne la fixe : elle se négocie. Elle rémunère la relation commerciale, la gestion du contrat et le risque client. Demandez le prix payé par le client final quand c’est possible : il permet de juger l’équilibre de l’offre.
- Un sous-traitant peut-il être payé directement par le client ?
- En marché public, oui : le sous-traitant de premier rang accepté, dont les conditions de paiement sont agréées, est payé directement par l’acheteur dès 600 € TTC. En marché privé, s’il a été accepté, il dispose d’une action directe contre le client final lorsque l’entreprise principale ne paie pas après mise en demeure.
- Comment refuser un prix trop bas sans perdre le donneur d’ordre ?
- Montrez votre calcul : heures nécessaires, coût horaire, plancher. Proposez une alternative (fréquence réduite, périmètre ajusté) plutôt qu’un simple refus. Un donneur d’ordre sérieux préfère un sous-traitant qui tient dans la durée à un prix qui casse au troisième mois.
Sources
- Légifrance — Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitancetexte légalconsultée le
- Direction des affaires juridiques — Formulaires de déclaration du candidat (dont DC4, sous-traitance)source institutionnelleconsultée le
- Légifrance — Code de commerce, article L441-10 (délais et pénalités de retard)texte légalconsultée le
- Légifrance — Convention collective nationale des entreprises de propreté, IDCC 3043texte légalconsultée le
Termes utiles
- Prix de revient
Total des charges directement et indirectement imputables à une prestation avant ajout de la marge.
- Sous-traitance
Opération par laquelle une entreprise confie à une autre l'exécution d'une partie de la prestation dont elle reste responsable envers son client.
- Donneur d'ordre
Client ou entreprise principale qui commande une prestation et peut devoir contrôler certaines obligations de son cocontractant.